Chapter 1, 8 April 1931

Title

Chapter 1, 8 April 1931

Subject

Nadia Boulanger

Creator

Catherine Stravinsky

Date

8 April 1931

Source

Bibliothèque nationale de France

Type

Letter

Extracted Text

Catherine Stravinsky to Boulanger
Nice
April 8, 1931
Dear Mademoiselle,
Please allow me to write to you this letter on an issue concerning Sviétik that worries me greatly.
He spoke to me quite frankly about it and I told him all our thoughts on the subject. I would like
to share a few words with you regarding it as well.
My husband and I are not very sympathetic toward the idea of a marriage to someone from
outside our race and religion, a marriage which above all else seems very much premature to us,
seeing as Sviétik is still practically a child.
Nor can we forget that he is preparing himself for a career as a pianist, which particularly
complicates his case. Indeed, this field requires a great deal of travel and a lifestyle that, in our
opinion, at least at the beginning of artistic life, does not lend itself well to starting a family
(children are always to be expected). Moreover, one must remember that he still depends on us
entirely, that he is only a student of music and that he is not yet an established artist, earning his
own living.
For two years now, Sviétik has lived most of his life away from his family, and under these
conditions it has been difficult for us to exert an influence over him. It seems to us, dear friend,
that you are the best placed to help us with our difficulties. Permit us to believe you do not think
harshly of us for troubling you with our concerns.
As for the sentimental side of this affair, and without wanting to rush anything, we beg you to
support our point of view around Sviétik so that he sees, among all those who matter to him, a
uniform opinion on the questions that are tormenting him. I say this to you freely, because it
seems to us Sviétik is inclined to believe that you welcome favorably the idea of this union so
desired by him. As for us, we do not want Sviétik tied up by promises that perhaps shouldn’t be
fulfilled. I have suggested (and this so as to not sadden him entirely) that he wait at least a year
to return to the overall question of marriage.
I think that you share our views, which is why we have addressed this in all frankness and in an
appeal to your good friendship and would like to count firmly on your support and it is in this
hope that I extend to you, dear Mademoiselle, my best wishes,
Catherine Stravinsky
[P.S.] Please do forgive this slightly confusing letter, but having been extremely busy these last
few days I did not have time to put everything in order in this hurriedly written letter because I
would like for you to read it before Sviétik’s arrival
Catherine Stravinsky à Boulanger
Nice
le 8 avril 1931
Chère Mademoiselle,
Permettez-moi de vous écrire ces lignes au sujet d’une question concernant Sviétik qui me
préocupe [sic] beaucoup. Il m’en a parlé très franchement et je lui ai dit tout ce que nous en
pensons. Je voudrais vous en dire aussi quelques mots.
Mon mari et moi nous ne sympathisons pas beaucoup à l’idée d’un mariage avec une étrangère
de race et de religion, mariage qui avant tout nous semble vraiment trop prématuré, vu que
Sviétik est encore lui-même, un demi-enfant.
Il ne faut pas oublier non plus qu’il se prépare pour une carrière de pianiste ce qui complique
particulièrement son cas. En effet, ce métier demande une vie mouvementée, des voyages, vie
qui à notre avis, ou plustôt [sic] début de vie artistique, ne se conforme pas très bien à un début
de vie de famille (des enfants sont toujours à prévoir). D’autre part il faut savoir qu’il dépend
encore entièrement de nous, qu’il n’est qu’étudiant en musique et qu’il n’est pas encore un artiste
achevé, gagnant sa vie lui-même.
Depuis deux ans Sviétik vit la plupart de l’année hors de sa famille et il nous est très difficile
d’exercer sur lui dans ces conditions une influence suivie. Vous, chère amie, vous êtes, il nous
semble, le mieux placée pour nous venir en aide dans nos difficultés. Permettez-nous de croire
que vous ne nous figuerez [sic] pas trop sévèrement de vous embarrasser [sic] par nos
préoccupations.
Tout en ménageant le côté sentimental de l’affaire et sans vouloir rien brusquer, nous vous prions
de soutenir auprès de Sviétik notre point de vue pour qu’il voie chez tous ceux qui comptent pour
lui une conformité d’opinion sur les questions qui le tourmentent. Je me permets de vous le dire
car il nous semble que Sviétik est enclin à croire que vous accueillez favorablement l’idée de
cette union si désirée par lui. Quant à nous nous ne voulons pas que Sviétik se lie par des
promesses qui ne devront peut-être pas se réaliser. Je lui ai dit (et ce pour ne pas l’atrisser [sic]
entre mesure) qu’il attende un an au moins pour revenir en général sur la question mariage.
Je pense que vous partagez nos idées, c’est pourquoi nous vous adressons en toute franchise à
votre bonne amitié et voudrions compter fermement sur votre appui et c’est dans cet espoir que
je vous prie de trouver ici chère Mademoiselle l’expression de mes sentiments bien cordialement
dévoués,
Catherine Stravinsky
Excusez, je vous prie, cette lettre un peu confuse mais étant très prise tous ces jours-ci je n’ai pas
le temps de mettre de l’ordre dans cette lettre écrite à la hâte car je voudrais que vous la lisiez
avant l’arrivée de Sviétik.

Files

Citation

Catherine Stravinsky, “Chapter 1, 8 April 1931,” Digital Exhibits, accessed July 29, 2021, https://digex.lib.uoguelph.ca/items/show/2632.

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