Chapter 2, 13 December 1939

Title

Chapter 2, 13 December 1939

Subject

Igor Stravinsky

Creator

Nadia Boulanger

Date

13 December 1939

Source

Paul Sacher Stiftung

Type

Letter

Extracted Text

Boulanger to Stravinsky
Les Maisonettes
Gargenville
S.O.
December 13, 1939
Dear Igor,
I am with you in such emotion and tenderness in these days of memorializing. I wanted to go and
bring flowers to Mika’s grave on the 30th but I was unsuccessful, I couldn’t go out. But how I
think of Her, of Catherine, of your Mother—and how I love you in Them, [as] I love them in
you.
It is necessary, so as to honor their memory, that you carry on yourself. It was in understanding
God’s will, finding strength still, even in your pain. But your heart’s fatigue felt itself carried
away by your spirit, by it alone. It’s so beautiful to act, again and until the final hour.
I know what you did there. Your radiance and that which you brought to this young girl, anxious
to understand you, wishing to be guided by you, illuminated the clarity of your spirit. Good will
creates such utopias—and even more ideology. The nineteenth century played with people’s
minds by creating false values. The most absurd conception of art, and from there, even the
deformation of the physical [body]—eyes that couldn’t see, ears that no longer knew that music
is about sound. Your role is limitless. Your action—because through works and words you’ve
brought the house back into order. On the one hand sometimes roughly, but . . . the reaction will
only be better.
I have just written to Miss Holl (Longy School) to confirm to her my desire to come next year.
This year I do not wish to leave France. I hope this will happen—and that you will still be there.
I’m going to Paris next week and count on seeing Vera.
Fondly and wholeheartedly,
Your
Nadia B.
Boulanger à Stravinsky
Les Maisonettes
Gargenville
S.O.
13 décembre 1939
Cher Igor,
Avec quelle tendresse et quelle émotion je suis avec vous, dans ces jours de souvenir. Je voulais
aller porter des fleurs sur la tombe de Mika le 30—mal réussi, je n’ai [pas] pu sortir. Mais
comme je pense à Elle, à Catherine, à votre vieille Maman——et comme je vous aime en Elles,
si [et] les aime en vous.
C’était prolonger leur ne que de poursuivre la vôtre [sic]. C’était comprendre la volonté de Dieu,
que de trouver des forces encore, dans votre douleur même. Mais la fatigue de votre cœur à se
sentir emporté encore par votre esprit, par lui-même. C’est si beau d’agir, encore et jusqu’à la
dernière heure.
Je sais ce que vous avez fait là-bas. Votre rayonnement, et ce que vous avez apporté à cette
jeunesse anxieuse de vous comprendre, désirer d’être guidée par vous—éclairée par la clarté de
votre esprit. La bonne volonté crée de telles utopies—et plus encore l’idéologie. Le XIXé s’est
joué des esprits, en créant des fausses valeurs. La plus absurde conception de l’art, et delà, la
déformation même physique—des yeux qui ne voient plus, des oreilles qui ne savent plus que la
musique est du son. Votre rôle est sans limites. Votre action—car, par les œuvres et les paroles,
vous avez réunis la maison en ordre. D’une main parfois rude mais . . . . la réaction n’en sera que
meilleur.
Je viens d’écrire à Miss Holl (Longy School) pour lui donner une confirmation de mon désir de
venir l’an prochain. Cette année je voudrais ne pas quitter la France. J’espère que cela se
réalisera—et que vous serez encore là.
Je vais à Paris la semaine prochaine, et compte bien voir Vera.
Je vous embrasse et suis d’un cœur
Fidèle votre
Nadia B.

Files

Citation

Nadia Boulanger , “Chapter 2, 13 December 1939 ,” Digital Exhibits, accessed October 18, 2021, https://digex.lib.uoguelph.ca/items/show/2292.

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