Chapter 4, 5 June 1946

Title

Chapter 4, 5 June 1946

Subject

Igor Stravinsky

Creator

Nadia Boulanger

Date

15 June 1946

Source

Paul Sacher Stiftung

Type

Letter

Extracted Text

Boulanger to Stravinsky
36 rue Ballu
Paris 9ème
Mr. Igor Strawinsky
1260 N. Wetherly Drive
Hollywood, 46
California
June 15, 1946
Dear Igor, Tuesday is your birthday . . . and the world [is] between us—what sorrow, sorrow
every day. I miss you so much! For your birthday, I send my fondest wishes to Vera and you and
pray that we will see one another again soon.
If I were to begin to write in earnest, I would have so much to tell you—a newspaper’s-worth.
Rest assured, a crazy work schedule [stops me]. Thursday is a concert of your works. Svétik has
made marvelous transcriptions. Another the following week, Bach, then you again. Pasquier is
replaying the Elegy that made such an impression at the Sorbonne. The competitions, the
students, my sick maid. Well, nothing can harm you. Otherwise, this little note brings you so
much fondness! You would be touched, I believe, to see the reaction of the orchestra musicians
at the thought of seeing you again.
Music here, much of it bad as always, with the young university students making a rather
significant effort to the university to listen, understand, and take part.
Missed a radio broadcast of Mavra and Renard. The reaction of the youth who interest us was as
it should be, the others [are] lost in the mystic-chromatic clouds that bring the old-fashioned to
tear.
Remind Berman of me, and all your friends who still remember me, and know that you are
endlessly—and you do know it—a part of my life and my heart and my spirit.
To you both affectionately,
NB
Boulanger à Stravinsky
36 rue Ballu
Paris 9è
Mr. Igor Strawinsky
1260 N. Wetherly Drive
Hollywood, 46
California
15 juin 1946
Cher Igor, mardi, votre anniversaire…et le monde entre nous—quel chagrin, chagrin de tous les
jours. Vous me manquez tant ! Pour votre fête, je vous dis mes vœux, je vous embrasse, Véra et
vous, et prie pour que nous nous retrouvions bientôt.
Si je commençais à vous écrire vraiment, j’aurais tant à vous raconter—un journal. Rassurez-
vous, un travail fou, jeudi un concert de vos œuvres. Sviétik a fait de merveilleuses
transcriptions. Un autre la semaine prochain[e], Bach, puis vous encore. Pasquier rejoue l’Elégie
qui a fait une telle impression à la Sorbonne. Les concours, les élèves, ma domestique malade,
enfin, vous ne risquez rien. Sinon ce petit mot qui vous porte tant et tant de tendresse ! Vous
seriez touché, je crois, de voir la réaction des musiciens d’orchestre, à la pensée de vous revoir.
Musique ici, beaucoup de mauvaise, comme toujours, avec un effort très significatif de la
jeunesse universitaire pour entendre, connaître, et prendre part.
Raté Mavra et Renard donné par la radio. Réaction des jeunes qui nous intéressent, comme il se
doit, les autres perdus dans des nuages mystico-chromatiques avant tous démodés à pleurer.
Dites mon souvenir à Berman, à tous ceux de vos amis qui se souviennent encore de moi, et
sachez que vous êtes sans cesse, et vous le savez, mêlé à la vie de mon cœur et de mon esprit.
A vous deux tendrement
NB (pour le 18 juin 46)

Files

Citation

Nadia Boulanger , “Chapter 4, 5 June 1946,” Digital Exhibits, accessed October 18, 2021, https://digex.lib.uoguelph.ca/items/show/2426.

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