Chapter 4, 1 September 1950


Chapter 4, 1 September 1950


Igor Stravinsky


Nadia Boulanger


1 September 1950


Bibliothèque Nationale De Paris



Extracted Text

Boulanger to Stravinsky
Ecoles d’art américaines
Fondation reconnue d’utilité publique
Conservatoire de musique—Ecole des beaux-arts
Palais de Fontainebleau
September 1, 1950
Dear Friend,
Why do I never write you? I have too many things to tell you, no time, and lack the means to tell
you what a place you hold in all our lives, in mine, in such an absolute fashion. And yet, I speak
so much of you, with you, through your works, that it saves me the struggle of trying to tell you
what I would like to.
But today: Gunsbourg, oh yes, Gunsbourg, can mount your opera in Monte-Carlo. Because he is
certain [ne doute rien], he says (he is ninety-two years old) “if not in 1951, then in 1952.” Didn’t
speak of business, but said: “Of course I could only give this opera in French. The English title,
translated, is: La Carrière d’un roué, not the best for advertising an opera. So, [we’ll use] the
name of the principal character ‘Thomas Rakewell.’” If this interests you, will you tell me if this
title and the idea of the opera in French seem acceptable to you, and what amount you would
request to reserve the premiere for Monte-Carlo?
From the 10th to 16th of September at Accademia Chigiana, Sienna, Italy. Then, after a few
days, Paris.
You know, don’t you, that I don’t spend a day far from you, but I have nevertheless refused
Koussevitzky’s very friendly offer for Tanglewood next year. It is impossible to abandon the
school here. It has its thirtieth anniversary next year and then, given the state of things, a
departure can be planned, but can a return on a fixed date be [guaranteed]?
I have so many things to tell you. Let’s move along, it’s hopeless. Yet I must ask one thing: May
I, is there any way I might read the opera? All those who know it are making me frightfully
jealous. It’s not good for my mental health . . . nor my physical state.
My love to you and Vera and Milène and Soulima and Françoise and Jean and André and
Madubo. But . . . Don’t just say that I send my love to everybody.
Nadia B
[P.S.] My thoughts to Berman, Dahl, and Gnau and, my love once again!
Boulanger à Stravinsky
Ecoles d’art américaines
Fondation reconnue d’utilité publique
Conservatoire de Musique—Ecole des beaux-arts
Palais de Fontainebleau
1 septembre 1950
Cher Ami,
Pourquoi je ne vous écris jamais ? J’ai trop de choses à vous dire, pas de temps, pas le moyen de
vous dire quelle place vous tenez dans notre vie à tous, dans la mienne, d’une manière si absolue.
Et puis, je parle tant de vous, avec vous, à travers vos œuvres, que je m’épargne la lutte que
représente d’essayer de vous dire ce que je voudrais.
Mais aujourd’hui : Gunsbourg, mais oui Gunsbourg peut monter votre opéra à Monte-Carlo.
Comme il ne doute de rien, il dit (il a 92 ans) « si pas en 1951, alors en 1952. Ne parle pas
affaires, mais dit : bien entendu je ne pourrai donner cet opéra que dans une version française. Le
titre anglais, traduit, donne : La Carrière d’un roué, pas heureux pour une affiche d’opéra. Alors,
le nom du principal personnage « Thomas Rakewell » » Si cela vous intéresse, voulez-vous me
dire si ce titre et l’idée de l’Opéra en français vous parait acceptable, et quelle somme vous
demanderiez pour réserver la 1ère
en Europe à Monte-Carlo.
Du 10 au 16 sept Accademia Chigiana Sienne Italie. Après à petites journées, Paris.
Vous savez, n’est-ce pas que je ne passe pas un jour vraiment loin de vous, mais j’ai pourtant
refusé l’offre très amicale de Koussevitzky pour Tanglewood l’an prochain. Impossible
d’abandonner l’école ici. 30è anniversaire l’an prochain, et puis, dans l’état des choses, on peut
prévoir partir, mais pourrait-on revenir à date fixe ?
Que de choses j’ai à vous dire. Passons c’est sans espoir. Une pourtant domine : ne puis-je, n’y
a-t-il pas un moyen que je lise l’opéra. Tous ceux qui le connaissent me donnent une affreuse
jalousie. Ce n’est pas bon pour la santé morale…ni physique.
Je vous embrasse, j’embrasse Vera, et Milène, et Soulima, et Françoise, et Jean, et André, et
Madubo. Mais…n’allez pas dire que j’embrasse tout le monde.
Nadia B
Mon souvenir à Berman, à Dahl, à Gnau
Je vous embrasse encore !



Nadia Boulanger , “Chapter 4, 1 September 1950,” Digital Exhibits, accessed June 24, 2024,

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