Chapter 4, 22 September 1950

Title

Chapter 4, 22 September 1950

Subject

Igor Stravinsky

Creator

Nadia Boulanger

Date

22 September 1950

Source

Paul Sacher Stiftung

Type

Letter

Extracted Text

Boulanger to Stravinsky
La Moubra, Montana, Valais
(In Paris on October 3, 36 rue Ballu, IX)
Monsieur Igor Stravinsky
1260 North Wetherly Drive
Hollywood, California
U.S.A.
September 22, 1950
Dear, very dear friend, what happiness your letter caused. It seemed to me as if I was going to
climb the steps to the garden, to throw myself into your arms. What a great joy that would be!
I wrote as soon as possible to Raoul Gunsbourg, summarizing your letter and advising him to
write to B&H, to write to Auden, and, if questions remain to which only you can respond, to let
me know. In the meantime, another idea came to me: The Festival at Aix where Don Juan and
Cosi fan tutte were staged in extraordinarily good conditions—superb set, by Cassandre and
Balthus. The orchestra, under the direction of Rosbaud, was perfect. But the deficit being such as
it was last year, and the economic outlook being obviously difficult, what is Mr. Bigonnet going
to do? It’s possible he doesn’t even know himself. This state of uncertainty, the fear of
catastrophic events, give all undertakings such an unstable character that no one dares commit to
the future. This nervousness is perhaps the most serious problem. Because, if everything remains
in suspense, it is by its very nature deeply demoralizing. And this demoralization is maintained
carefully, patiently, by the merry propaganda that is sometimes a little too insistent. It must be
weakened, by making plans, by admitting, certainly, that the worst could happen, without
knowing. Thus, I wrote to Cassandre. I answered R. Gunsbourg, and will see Pierre de Monaco
upon my return. That is, at the beginning of October.
Your letter, a marvel of clarity, order, care, did not give a reason for the unexpected arrival of the
Sachses, which delighted me, as you can imagine, but is it George’s mother’s health that made
them come back? I hope not! Thank you for all the news. You don’t know how much I miss you.
You alone have such an influence. But you work there, and your influence exerts itself from afar.
It is necessary given current machinations, like these “systems” that fail to hide their
shortcomings, which would not be a crime in and of itself, but their lies, etc. those are a much
more serious matter. Happily, they affect only those poor miserable souls whose lack of power is
no excuse for not opposing [this influence]. Kiss Vera for me and know that not a day passes
when I don’t think of you.
With all of my heart,
Your
Nadia B.
Boulanger à Stravinsky
La Moubra, Montana, Valais
(A Paris le 3 octobre, 36 rue Ballu, IX)
Monsieur Igor Stravinsky
1260 North Wetherly Drive
Hollywood, California
USA 22 September 1950
22 septembre 1950
Cher, très cher Ami, quel bonheur me cause votre lettre. Il me semble que je vais monter les
marches du jardin, et me précipiter pour vous embrasser. Que serait une grande joie !
J’ai aussitôt écrit à Raoul Gunsbourg, résumant votre lettre lui conseillant de s’adresser à B&H,
d’écrire à W Auden, et, s’il reste des questions auxquelles vous seul pourriez répondre, de mes
prévenir. Entre temps, il m’est venu une autre idée : la Festival d’Aix où Don Juan et Cosi Fan
Tutte ont été donné dans des conditions extraordinairement bonnes—décors superbe, de
Cassandre et de Balthus, orchestre sous la direction de Rosbaud, parfait. Mais le déficit a été tel
l’an dernier, et les perspectives économiques étant nettement difficiles, que va faire M. Bigonnet,
le directeur d’Aix. Il ne le sait, peut-être pas lui-même. Cet état d’incertitude, la crainte
d’événements catastrophiques, donne à toute entreprise un caractère si instable, que personne
n’ose plus engager l’avenir. Cette nervosité est peut-être le phénomène le plus grave. Car, si tout
reste en suspens, par principe, quelle démoralisation. Et cette démoralisation est entretenue
soigneusement, patiemment, par une propagande heureusement parfois trop voyante. Il faut
l’affaiblir, en faisant des projets, en admettant certes, que le pire peut arriver, sans le prévoir.
Donc, j’écris à Cassandre. J’ai répondu à R. Gunsbourg, et verrai Pierre de Monaco dès mon
retour. C'est-à-dire au début d’octobre.
Votre lettre, merveille de clarté, d’ordre, de soin, ne me donne pas la raison du retour inattendu,
des Sachs, qui me ravit, vous le pensez bien, mais est-ce la santé de la mère de George qui les
fait revenir ? J’espère que non ! Merci de toutes les nouvelles, vous ne savez pas combien vous
manquez, vous seul, qui avez [sic] une influence. Mais vous travaillez là-bas, et, de loin, votre
influence s’exerce. Il le faut avec des diableries, comme les systèmes qui cachent mal leur
pauvreté ce qui ne serait pas un crime, mais leur fausse etc. ce qui est plus sérieux.
Heureusement qu’ils n’agissent que sur des pauvres malheureux dont l’impuissance n’excuse pas
la prévention. Embrassez Vera et sachez que je ne passe pas de jour sans penser à vous. Du
meilleur de mon cœur,
Votre
Nadia B.

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Citation

Nadia Boulanger , “Chapter 4, 22 September 1950 ,” Digital Exhibits, accessed October 18, 2021, https://digex.lib.uoguelph.ca/items/show/2458.

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