Chapter 5, 27 February 1954

Title

Chapter 5, 27 February 1954

Subject

Igor Stravinsky

Creator

Nadia Boulanger

Date

27 February 1954

Source

Paul Sacher Stiftung

Type

Letter

Extracted Text

Boulanger to Stravinsky
36 rue Ballu
Paris IX
Monsieur I. Strawinsky
1260 N. Wetherly Drive
Hollywood 46
California
U.S.A.
Feb. 27, 1954
So many things to tell you, My Dear—but have no fear, time will not allow me.
For the 3rd—I want, I need to tell you that I remember.
For Rome, I need to tell you that I’m sorry—I’m afraid that for complicated reasons, this trip
will be impossible. It’s sad, but . . . what can be done?
I’ve plunged into the Septet. I do not possess the presumptuousness to speak to you about it, how
could I dare. But I marvel before this masterwork that is all it could be.
What am I doing, these vain sentences are becoming threatening. No more.
Won’t you come to Paris[?]. If Bob Craft were an angel—why say if—he would send me your
dates, places, because . . . how can I accept not seeing you at all.
You are tremendously entwined in life here, in our daily thoughts, it seems you know everything
I do not say. And yet—what would it mean to you? You don’t need anyone, but we cannot do
without you.
While you make decisive gestures and write down notes as you want them, so many [others’]
unfortunate attempts lack power. And it isn’t a question of “what” but a question of “who.” What
a lesson.
My love to both of you and know, Dear Igor, my deep and faithful attachment. I love you so, you
whom I admire more than I know how to say.
To you, to Vera, and best wishes to Bob, to Milène, to André,
Your
Nadia
Boulanger à Stravinsky
36 rue Ballu
Paris IX
Monsieur I. Strawinsky
1260 N. Wetherly Drive
Hollywood 46
California
USA
27 fév. 1954
Que de choses à vous dire, Bien Cher—mais n’ayez crainte, le temps ne m’est pas laissé de
m’entendre.
Pour le 3—je veux, j’ai besoin de vous dire que je me souviens.
Pour Rome, je veux vous dire mon regret—des raisons compliquées ne vont pas rendre possible,
j’en ai peur, ce voyage. C’est triste, mais…que faire.
Suis plongée dans le Septett [sic]. Je n’aurai pas l’outrecuidance de vous en parler—comment
l’oserais-je. Mais quel émerveillement devant cette maitrise qui peut tout ce qu’elle veut.
Allons, voilà les phrases vaines qui se font menaçantes. Je m’arrête.
Ne viendrez-vous pas à Paris ? Si Bob Craft était un ange—pourquoi ce conditionnel—il
m’enverrait vos dates, lieux, car…comment accepter de ne pas vous voir du tout.
Vous êtes tellement mêlé à la vie, aux pensées de chaque jour qu’il me semble que vous savez
tout ce que je ne vous dis pas. Et puis—qu’avez-vous à en faire. Vous n’avez besoin de
personne, mais nous ne pouvons-nous passer de vous.
Tandis que vous faites les gestes décisifs et inscrivez les notes telles que vous les voulez, des tas
de tentatives malheureuses marquent l’impuissance. Et ce n’est pas « quoi » qui est en question,
mais « qui. » Quelle leçon.
Embrassez-vous les uns les autres et sachez, Cher Igor, mon profond et fidèle attachement. Je
vous aime tant, vous que j’admire plus que je ne sais le dire.
À vous, à Véra, et Mille pensées à Bob, à Milène, à André,
Votre
Nadia

Files

Citation

Nadia Boulanger, “Chapter 5, 27 February 1954 ,” Digital Exhibits, accessed October 18, 2021, https://digex.lib.uoguelph.ca/items/show/2703.

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